Parce que je ne veux plus avoir à choisir entre coudre une poupée pour les 10 ans de ma fille ou des snoods pour les marchés,parce que mes enfants me demandent des petites choses en couture que je ne prends plus le temps de réaliser car c'est la course toujours, parce que j'empile les tissus achetés en prévisions de petites robes ou chemises pour mes enfants et que je ne trouve plus le temps de les faire sans me ronger de culpabilité car mes commandes attendent.Parce que mon beau jardin que j'aime entretenir, agrandir, qui me ressource quand les tensions montent, qui fait que chez nous, la maison est trop petite mais aux beaux jours elle s'étend a perte de vue dans la campagne autour, le hamac devient salle de repos, le petit coin de pelouse derrière la maison salle a manger, l'espace entre le noyer et le grand saule se transforme en chambre à coucher dès que le tipi s'installe...Je pourrais aussi vous parler de mon amour pour les poules qui à fait que mon logo en est une, mes cocottes "décoratives" qui sont là mais qui me permettent juste de faire quelques gâteaux en vitesse pour les goûters, alors que je pouvais passer des heures au poulailler à les regarder se dorer au soleil, se chamailler un vers...J'oublie aussi les heures passées à chiner, décaper, repeindre ces vieux meubles, ces cadres, fauteuils, au stade où avec Marie on se demandait même si on n'en ferait pas notre métier...Et puis tout le reste, le quotidien, moins poétique, les machines qui s'entassent, les bouloches qui s'envolent au moindre courant d'air, les armoires pas triées et les corbeilles qui servent de dressing...c'est çà, et sûrement d'autres choses mais qui pour l'intant ne se forment pas distinctement dans ma tête, qui me fait ouvrir les yeux, je n'ai pas l'âme d'un chef d'entreprise, je vomis les chiffres depuis toujours, j'aime l'imprévu et le tout de suite, l'organisation est ma bête noire, je ne peux me résoudre à planifier et respecter des délais, ma maman m'avait fait graver "carpe diem" sur ma gourmette à l'adolescence, et j'ai besoin de retrouver le goût de l'insouciance, pas celle de mes 18 ans car je ne suis pas du genre a regarder toujours en arrière, et si ce n'est pas de l'insouciance, je m'accomoderai de juste un peu de légèreté. Mes petites bêtes du départ sont devenues un poids bien trop lourd pour mes épaules douloureuses de presque quadragénaire. La culpabilité, je l'ai apprise dès que je suis devenue maman, mais celle créée avec mon activité est sournoise, s'infiltre partout et me pèse. Je ne veux passer à côté d'aucun moment doux avec mes enfants, mon mari, ma famille ou mes amis. Certains y verront un caprice de sale gosse trop gâtée, d'autres une lâcheté, c'est un peu tout çà finalement, mais il faut aussi savoir battre en retraite quand l'ennemi est trop fort...Comme vous l'aurez compris, je mets Les Bêtes de Céline entre parenthèses, je ne sais pas pour combien de temps, celui nécessaire. je ferme le cahier de commandes, mais je termine bien sûr vos commandes en attente. J'ai besoin de retrouver le goût de faire que j'ai perdu en route. Merci pour la confiance que vous m'avez accordée pendant ces 5 années, c'est un cadeau précieux. Je ne ferme pas cette page, ni la boutique en ligne pour l'instant. Je n'ai jamais aimé les départs quels qu'ils soient. A bientôt...

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